Le gant de pasaka

Le gant de Pasaka

        La pelote à « main nue » qui est toujours d’actualité aujourd’hui reste un jeu très douloureux, une variante vit le jour au 19éme siècle ou les joueurs pour se protéger la main mettaient un gant de cuir. Le gant de Pasaka ou de Rebot quoique même si ils ont la même forme peuvent être de taille différentes. Il se constitue d’une forme en bois sur laquelle trois couches de peau de vache sont tendues après humidification. Elles sont ensuite cousues entre elles avec du fil tressé, poissé à la main et terminé par une soie de sanglier permettant ainsi de le passer dans les trous préparés dans l’épaisseur de peau. Le gant proprement dit est ensuite cousu à l’arrière du panier. Aujourd’hui il ne reste que trois artisans qui perpétuent cette tradition de la fabrication un en France et deux en Espagne.

Le jeu

Ce jeu ancestral est un dérivé de la courte paume.

Jeu direct qui se joue avec des gants de cuir entre deux équipes de deux joueurs un refileur et un cordier. Il se pratique en trinquet avec un filet médian d’un mètre vingt de hauteur.

On joue en treize jzux comme au « laxoa » et au « rebot » mais les pelotes sont plus volumineuses et le gant plus court et plus large du au fait qu’on joue dans une enceinte délimité par quatre murs.

C’est un véritable jeu d’adresse, car on peu faire caramboler la pelote sur les murs, atteindre le filet qui borde le coté gauche et le fond du trinquet, atteindre le « xilo » (trou) ou le pan incliné qui se trouve sur le mur de face.

 

JEAN ERRATCHUN  ( KASKOÏNA ) GASKOINA Jean Errachun 1817 - 1859

Une légende est née….

Il est né le 9 avril 1817, à «Oibartiria» de Kattalin Borda et de Salvat Errachun.

          Qui était Salvat? Il était Haspandar, mais il travaillait en qualité de domestique à « Lirette » au quartier Pessaroa. Revenu au Pays depuis quelques années, il avait été affublé du surnom de « Gaskoina », rappelant son passage chez les voisins Gascons.

          Jean fut  un grand joueur de gant, mais à l'époque c'était un gant de cuir. Le rebot se jouait avec ces gants de pasaka. On dit d'ailleurs qu'il sautait à pieds joints le filet de pasaka lors des changements de camp. Mais il y avait déjà une modification du gant. En effet, Kaskoïna jouait avec un gant de cuir " plus allongé " que celui de Perkain. Les pelotes étaient également plus fines. Le défi d'Irun - mentionné plus loin - s'est joué avec des pelotes de quatre onces. Les gants, au doigté flexible, étaient protégés par un cuir concave, lisse, " plus long de trois à quatre centimètres que la main " (indication précieuse). Avec ces gants il fallait frapper droit ou par glissement (xirrist) car il était impossible de garder la pelote dans ces gants presque plats...  Le gant de Gaskoina se trouve au Musée Basque.

          Gaskoina est surtout connu pour le fameux défi d'lrun contre les Guipuscoans. A cette époque, les défis étaient un art de vivre, profondément enracinés dans notre culture. Le Basque aime bien lancer ou relever des défis, qui ne sont pas seulement sportifs. La Force Basque tire son origine de ces défis entre quartiers ou entre villages. Les défis de pelote mettaient de grosses sommes en jeu. Les parties étaient gratuites et les spectateurs pouvaient parcourir une vingtaine de kilomètres à pied pour assister à ces empoignades qui engageaient l'honneur du village.

          En Pays Basque sud, les Guipuscoans possédaient un redoutable joueur, dénommé Tripero. Le curé de Lesaka tenait, pour on ne sait quelle raison, à vaincre Tripero. Connaissant la réputation de Gaskoina, il chargea un autre curé, Joakin Gamio, du Baztan , de convaincre l'Hazpandar. Gaskoina accepte à la condition de choisir ses partenaires: Dominique Harriague, buteur et autre Hazpandar, Saint Jean et Dominique Ezpeleta, et il dut offrir une place à l'abbé Gamio. La partie aura lieu le 12 août 1846.

        Trois jours avant la partie, les spectateurs vinrent de tous les coins du Pays Basque..., en voiture, à pied, en chars à bœufs... Irun était trop petite pour accueillir tout ce monde..., aussi installa-t-on des campements autour du fronton...On y  paria des sommes fabuleuses et l'on dit que ce sont de riches juifs de Bayonne qui tinrent les plus gros paris en faveur de Kaskoïna. Il se paria du bétail, des récoltes de maïs à venir..., un parieur joua son cheval pour quatre ou cinq onces d'or..., un autre perdit son troupeau de cent brebis et deux cents moutons..., les Gipuzkoans perdirent un mulet chargé de duros, des boeufs et des cochons...  Le compteur de points est de Villabona. « Un vent de folie s'est emparé des Basques » titrait un quotidien du Havre.

          De ce défi d'Irun, Kaskoïna rapporta 4000 francs de l'époque, plus une paire de boeufs magnifiques, plus tout ce que les parieurs, qui avaient gagné beaucoup d'argent, lui donnèrent après la partie... A noter que ce défi fut gagné très difficilement, les deux camps étant " à dos " au dernier jeu.

        Gaskoina n'avait pas pour habitude de fêter ses victoires, mais exceptionnellement, il s'attarda à Bayonne. On raconte que sa femme Mayi Luixa, inquiète, se rendit à pied, de Paxkoenea (peut être de Gaskoinaborda) à Bayonne, avec son jeune enfant de quelques mois dans les bras. Arrivée à proximité de Bayonne, elle apprit que Gaskoina était dans la ville; elle s'en retourna à Hasparren, afin de rentrer avant son mari.

          Gaskoina avait alors 32 ans. En 1851, à Urrugne, Kaskoïna a une nouvelle fois battu les Gipuzcoans qui, pourtant, avaient pris la précaution (!) de jeter des petits clous sur le fronton.., puisque Kaskoïna jouait toujours pieds nus.  Mais la plante de ses pieds était si épaisse qu'il joua sans être autrement incommodé; il mourut du typhus, peu de temps après, le 24 octobre 1859, à l'âge de 43 ans.
     
        En 1948, un dirigeant fédéral passionné de rebot, comme tout Hazpandar qui se respecte, maître Edouard Harriague, lance l'idée de fêter le centenaire du défi d'Irun. Il organisa une partie de rebot à Hasparren, avec les meilleurs joueurs du moment, messe solennelle, repas en commun et retour sur le fronton, car d'autres parties étaient prévues avec l'Orfeon Donostia, ensemble musico-vocal de 90 participants. Ce fut une journée mémorable.

          Un fait unique est à relater: né «Errachun », Gaskoina décède sous le nom de Darritchon. Comment? Sans doute à la naissance du fils de Gaskoina, le 28 février 1845. Lorsqu'il déclare son fils à la mairie, le préposé à l'état civil, qui devait pourtant le connaître, inscrit Darrichon, phonétiquement proche de Errachun (?) et comme Gaskoina était illettré, il ne s'aperçut de rien

 

 
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